jeudi 11 décembre 2014

Conseil communautaire du 11 décembre 2014 : Bétonnage du Quartier Chataux

Les documents d'urbanisme de Fontainebleau sont devenus de plus en plus permissifs au détriment de la qualité et de la valeur foncière de nos biens. Pendant ce temps là, une grande partie du parc, soit, 1/6 des logements, est inutilisé et dégradé. La création de logements neufs au quartier Chataux est symptomatique.

J'ai assisté à la réunion publique sur la modification du PLU concernant le quartier Chataux. On ne peut la qualifier de concertation, puisqu'elle est intervenue après l'enquête publique. J'ai entendu la population et les associations locales qui protestaient, à juste titre.

Même rectifié à la marge, le projet reste incompatible avec l'harmonie des lieux. On propose à certains endroits 17 m au faitage et 13 m à la gouttière alors que l'on trouve 9,60 m en moyenne à la gouttière dans les rues avoisinantes et bien souvent beaucoup moins.
Par ailleurs, alors que le terrain est environné d'espaces verts protégés, donc de densité faible, on construit en grande densité.

Image : Extrait du dossier


Ce projet souffre d'une autre ambigüité : M. Valletoux nous dit vouloir fixer des règles juridiques précises avant qu'un projet n'émerge et qu’il ne faut pas empêcher un promoteur quelconque d'équilibrer son projet : bref, cette seconde condition annule la première et rend le tout laxiste.
Si j'osais, je dirais que le PLU est taillé aux mesures d'un promoteur que l'on aurait déjà trouvé, alors même que l'Etat n'a pas encore vendu. Si l’Etat exige d’avoir un document d’urbanisme opérationnel avant toute cession, autant être exigeants nous même.

J'ajoute que le nombre de véhicules induits par ce projet va s'ajouter à des voiries déjà bien surchargées. Le Conseil Général, gestionnaire de la D606 voisine, a d'ailleurs averti qu'une réflexion était nécessaire, préalablement à tout projet.


Extrait de l'avis du département : 



Plus généralement, la réflexion n'est pas aboutie sur l'impact du projet et je pense qu'une étude d'opportunité serait utile : on nous dit que la population baisse, mais ce n'est pas le neuf qui devrait faire l'objet de nos préoccupations mais plutôt le taux de vacance (15,4 %) ou les 1.385 logements inutilisés, qui laisse une marge énorme de progression tout en restant diffusé dans les tissus urbains existants. Il me semble que le neuf est le pari de la facilité alors que la vraie mixité sociale se trouverait dans la diffusion et dans la rénovation de l'ancien.

Peut-on formuler des contre-propositions ?

D'abord, abaisser les hauteurs et la densité qui ne correspondent pas à la réalité du quartier mais à celui d'une super-caserne, plus lourde et plus massive que l'ancienne. Le but est quand même de faire mieux je crois !

Ensuite, il faut des préconisations architecturales faites par un professionnel compétent : la Communauté de communes, se précipite trop face à l'Etat : elle a aussi son mot à dire et même mieux, il faut que le style soit le plus compatible possible avec l'architecture locale pour s'y intégrer.

Enfin, nous devons réfléchir à un programme d'ensemble d'urbanisme qui puisse ne pas faire prévaloir une vision de cité dortoir.

Je vous propose donc, soit de surseoir à l'examen de ce dossier pour étudier de façon plus précise le projet, soit, à défaut, de refuser celui-ci, pour le moment en tout cas.

Commentaires :

Bien évidemment au lieu de répondre à des observations pertinentes, qu'il n'est pas obligé de partager certes, M. Valletoux a cru bon d'entrer en violente colère au motif que je l'aurais, tenez vous bien, accusé "de corruption", que c'était "très grave" "qu'il était trop gentil avec moi" (ah bon ?), que "ce n'était pas la première fois" (tiens donc) et qu'il "se réservait le droit de porter plainte contre moi". 
Voilà donc la phrase casus belli, selon lui : "Si j'osais, je dirais que le PLU est taillé aux mesures d'un promoteur que l'on aurait déjà trouvé, alors même que l'Etat n'a pas encore vendu. Si l’Etat exige d’avoir un document d’urbanisme opérationnel avant toute cession, autant être exigeants nous même."

A rien n'y comprendre ! Où est l'imputation calomnieuse à l'encontre de son honneur ? Il n'est même pas désigné et il n'y a nul infraction dénoncée. Bref, une sur-réaction, mal jouée et évidemment destinée à m'intimider

Ce qui le gène, c'est que le dossier est bien calibré pour la promotion immobilière : notez bien que ce n'est pas une découverte puisque la présentation faite le 1er décembre 2014 indiquait : "3. permettre la faisabilité économique du projet" (voir ci contre), la faisabilité pour qui ? Pour l'aménageur de la zone, M. Portellette (adjoint à l'urbanisme) nous ayant précisé qu'il fallait que le terrain soit rentable sinon il resterait en friches ! C'est bien ce que je dis, le PLU est modifié pour faciliter la promotion  alors même que l'Etat n'a pas vendu.
Par contre sur l'aspect esthétique, l'intérêt du projet, le respect du voisinage, M. Valletoux n'a pas répondu. Il a indiqué qu'il pourrait y avoir un laboratoire ou une radiologie, mais sans précision réelle.

Mme Sarkissian est également intervenue pour demander, à juste titre, une étude d'opportunité.


L'idée de transfert du commissariat sur le site a été balayée par le Maire sans explication non plus.


Le résultat : 5 contre (groupe Duvauchelle, Mme Sarkissian, M. Bandini), la communauté de communes étant paralysée par un "pacte" que m'a expliqué gentiment un conseiller d'une autre commune : on ne participe pas au débat sur Fontainebleau, et Fontainebleau ne participe pas au débat sur nos projets locaux. Le contraire d'une attitude communautaire, bien digne d'un Yalta. Dommage.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.